Et si ce que vous percevez n'était pas la réalité?

Ce week-end, j'ai regardé le replay d'une émission d'ARTE d'Albert Moukheiber sur le cerveau (docteur en neurosciences, psychologue clinicien ). Tu peux la visionner sur le site jusqu'en décembre 2026!

Il y est question du fonctionnement de notre cerveau. De ses automatismes, du rôle de ce dernier et des pièges aussi... 

Nous avons souvent l’impression de voir le monde “tel qu’il est”. En réalité, notre cerveau ne nous donne pas un accès direct au réel. Je vous invite à relire mon post sur le mythe de la caverne de Platon. 

Car si les neurosciences décrivent le mécanisme biologique et cognitif de notre cerveau, Platon décrivait l’expérience humaine et le chemin vers la connaissance. Mais au fond, ils parlent tous les deux de notre rapport indirect au réel.

Notre cerveau interprète, filtre, anticipe, reconstruit la réalité sans cesse.

Autrement dit :

  • nous ne percevons pas la réalité
  • nous percevons une version simplifiée, utile et subjective

Et cela change beaucoup de choses...

Un cerveau brillant… mais limité

Notre environnement est complexe, dense, rempli d’informations et notre cerveau ne peut pas tout traiter... Alors il fait des choix :

  • il filtre (il élimine une grande partie des informations)

  • il complète les manques

  • il prédit ce qui va se passer

Exemple simple :

Dans le métro, absorbé par votre téléphone, vous n’entendez plus vraiment les conversations autour de vous, les odeurs ou les sensations...elles sont bien là… mais votre cerveau les a mises de côté.

Ce n’est pas un bug. C’est un mécanisme de survie. Pour nous concentrer sur quelque chose, nous avons besoin de focaliser notre attention.

Les automatismes : nos raccourcis invisibles

Pour économiser de l’énergie, le cerveau crée des chemins rapides : ce qu’on appelle des automatismes.

  • conduire

  • faire du vélo

  • marcher

  • réagir dans certaines situations...

Avec le temps, ces actions deviennent fluides, presque sans effort.

Bonne nouvelle : ça libère de l’espace mental. Moins bonne nouvelle : ça peut aussi nous enfermer car ces automatismes deviennent parfois… rigides.

⚠️ Quand le cerveau nous joue des tours...

Notre cerveau utilise aussi des raccourcis mentaux (les biais cognitifs). S'ils sont certes utiles… il ne sont pas toujours fiables...

Quelques exemples :

  • Biais de familiarité : Plus on est exposé à quelque chose (exemple avec la pub), plus cela nous paraît fiable ou attirant. On peut dès lors être amené-e à faire des choix plus guidés par l’habitude ou l’exposition que par nos besoins réels.

  • Biais de disponibilité : Notre cerveau se base sur ce qui nous vient rapidement à l’esprit, pas forcément sur ce qui est le plus juste. Après avoir entendu parler d’un accident d’avion aux infos et on en vient à surestimer certains dangers, paniquer ou prendre de mauvaises décisions basées sur l’émotion du moment.

  • Biais d’optimisme : On pense plus facilement que “ça ira pour soi”. Comme remettre un examen médical ou penser qu’on peut conduire fatigué “sans problème”, ou croire qu’on ne fera pas de burn-out malgré les signaux d’alerte... Conséquences ? on en vient à minimiser les risques, ignorer les limites du corps ou retarder des décisions importantes.

Si ces biais nous aident à décider vite… ils peuvent aussi fausser notre perception.

‍ Pourquoi changer est si difficile?

Les automatismes sont comme des sentiers bien tracés dans le cerveau.

Plus on les utilise :

  • plus ils deviennent forts
  • plus il est difficile d’en sortir

C’est pour ça que :

  • changer une habitude demande de l’effort

  • modifier une façon de penser peut être inconfortable

  • revenir en arrière (même vers quelque chose de connu) peut perturber

Le cerveau préfère ce qui est familier, même si ce n’est pas optimal

La clé ? reprendre conscience...

Heureusement, nous avons une capacité précieuse : la métacognition = la capacité à observer nos pensées.

C’est ce petit espace en nous qui peut dire :

  • “Tiens, je réagis automatiquement”

  • “Est-ce que c’est vraiment juste ?”

  • “Est-ce que je peux répondre autrement ?”

C’est là que le changement devient possible!

Et si tout commençait par la respiration ?

La respiration est un automatisme. Elle se fait seule, sans nous. Mais…elle peut aussi devenir consciente. Et c’est là que quelque chose bascule...

En portant attention à votre souffle :

  • vous ralentissez

  • vous revenez dans votre corps

  • vous sortez du pilote automatique

Vous créez un espace, dans lequel : 

  • vous pouvez observer

  • vous pouvez choisir

  • vous pouvez transformer

Créer de nouveaux chemins

Changer ne se fait pas d’un coup.

Cela passe par :

  • de petites répétitions
  • de nouveaux gestes
  • de nouvelles attentions

Petit à petit :

  • de nouveaux circuits se créent

  • de nouveaux automatismes apparaissent

Ce que vous faites consciemment aujourd’hui peut devenir naturel demain!

Une question essentielle

À chaque instant, une question se pose :

Est-ce que je réagis automatiquement ? Ou est-ce que je choisis ma réponse ?

Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse. Mais en prendre conscience… c’est déjà reprendre un peu de liberté.

Pour aller plus loin...

Dans mes accompagnements, je propose des temps pour :

  • revenir au corps

  • apprivoiser la respiration

  • observer ses automatismes

  • et en créer de nouveaux, plus ajustés

Parce que transformer sa manière de respirer… c’est souvent le premier pas pour transformer sa manière d’être et prendre conscience de nos automatismes en choisissant de conserver ceux qui sont utiles et modifier les autres.


Articles similaires

Derniers articles

Le bien...le mal...et le paysan chinois

Le bien...le mal...et le paysan chinois

Ne vous enfermez pas dans des boites

Le puzzle de la thérapie : comment le travail sur soi prend forme, séance après séance

Catégories