Le bien...le mal...et le paysan chinois
La semaine dernière, j'ai animé un module de communication bienveillante inspiré de la CNV auprès d’assistantes vétérinaires. J'ai abordé avec les élèves un point central de la méthode qui nous oblige à observer nos automatismes. Ce regard que nous portons constamment sur le monde et nos vies est un élément essentiel sur la méthode...
La plupart du temps, nous évaluons vite : "C’est bien...c'est mal...ça n'aurait pas dû arriver" etc... Ce réflexe peut-être bien pratique voire même utile car classer, juger, trancher rapidement nous permet de prendre des décisions rapides, de gagner du temps, de nous sentir en sécurité face à l'incertitude, de nous positionner, protéger nos valeurs ou encore d'éviter la surcharge mentale...
En somme, c'est un mécanisme efficace voir vital dans certaines situations...
Mais ce qui peut nous aider dans l'urgence peut aussi nous enfermer dans la durée car la rélaité est souvent plus subtile plus mouvante...
Je me suis appuyée sur une vieille histoire attribuée à Lao Tseu : celle du vieux paysan et de son cheval blanc. En voici un résumé...
Son cheval s’enfuit. Les voisins disent : "Quel malheur !” Le paysan répond : “Peut-être.”
Le cheval revient… avec d’autres chevaux sauvages. “Quelle chance !” ...“Peut-être.”
Son fils se blesse en les dressant. “Quel malheur !”... “Peut-être.”
Puis vient la guerre… et son fils n’est pas enrôlé... “Quelle chance !”...“Peut-être.”
Cette histoire nous rappelle une chose essentielle : nous ne savons pas, au moment où les événements se produisent, ce qu’ils portent réellement. Et pourtant… nous réagissons. Fort. Vite. Définitivement.
Dans nos relations, dans notre travail, dans notre vie personnelle.
En CNV, apprendre à observer sans juger, c’est déjà créer un espace. Un espace où l’on respire.
Un espace où l’on ne colle pas immédiatement une étiquette sur soi, sur l’autre, sur la situation.
Ces derniers temps, je le vis aussi dans mon corps. Une blessure au pied.
Un frein dans mes activités sportives et ma mobilité au quotidien ? “Frustrant.” “Limitant.”
… ou peut-être autre chose ?
Une invitation à ralentir. À bouger autrement. À écouter différemment...
Je ne minimise pas les expériences douloureuses — certaines demandent du temps, du soutien, parfois bien plus.
Mais dans le quotidien, cultiver ce “peut-être” est une vraie ressource. Une forme de sagesse.
Un début de liberté intérieure.
Et vous… dans quelle situation pourriez-vous remplacer un jugement immédiat par un simple “peut-être” ?

