Pourquoi comprendre ne suffit pas : le corps, clé pour sortir des boucles du traumatisme
Ce que m’ont rappelé Bessel van der Kolk et Fabrice Midal, et pourquoi j’en ai fait mon métier...
J’ai commencé un travail sur moi très jeune, à 18 ans. J’ai été accompagnée par des professionnels, j’ai beaucoup réfléchi, beaucoup compris. Et pourtant, certaines choses ne bougeaient pas : mes réactions revenaient comme des automatismes, comme si comprendre ne suffisait pas à changer. C’est en passant par le corps que quelque chose s’est vraiment transformé. C’est ce qui m’a conduite à faire de cette approche mon métier.
Récemment, j’ai écouté un échange entre Fabrice Midal et Bessel van der Kolk, psychiatre et auteur de Le corps n’oublie rien. J’y ai retrouvé, avec des mots très justes, ce que je vis et ce que j’observe en séance depuis des années. Voici ce que j’en retiens.
Comprendre aide, mais ne suffit pas
Savoir pourquoi on réagit ainsi peut aider à reprendre un peu de contrôle : on peut quitter la pièce, éviter la dispute. Mais la compréhension ne fait pas disparaître la réaction. Pour changer, il faut créer de nouvelles expériences, vécues dans le corps, qui réorganisent notre perception.
Le traumatisme ne se limite pas à l’événement
Ce qui compte, c’est l’empreinte laissée sur le corps, le cerveau et l’image de soi. Le cerveau est un organe prédictif, façonné par nos expériences. Un détail sans importance, une couleur, une odeur, peut déclencher une réaction automatique, sans que l’on sache d’où elle vient. On parle de traumatisme accidentel ou de traumatisme du développement, vécu dans l’enfance, quand la sécurité de l’attachement a manqué.
Une perte de synchronisation
Van der Kolk décrit le traumatisme comme une désynchronisation. Nous sommes des êtres sociaux, nous nous accordons aux autres par le rythme, la voix, le regard et le mouvement. Le traumatisme coupe cet accord : on se sent à l’extérieur, différent, parfois vide.
Se fermer pour se protéger
Pour ne plus ressentir la douleur, on se ferme à ses sensations. Mais en se fermant à la douleur, on se ferme aussi à la joie et au plaisir, qui sont eux aussi des expériences du corps. La respiration, le sommeil et l’appétit peuvent se dérégler, et le corps reste dans un état d’alerte.
Retrouver la sécurité par le corps
Le chemin passe par des expériences sensorielles et de mouvement : respirer, bouger, chanter, danser, s’accorder à l’autre, reprendre contact avec ses sensations, à petites doses, à son rythme. On s’approche, on s’éloigne. Petit à petit, le corps réapprend la sécurité.
Comment je vous accompagne
C’est le fil conducteur de mes pratiques :
- La sophrologie : respiration, détente et visualisation pour apaiser le système nerveux et retrouver des ressources.
- La sophro-analyse : explorer à votre rythme ce qui vous traverse, avec le corps comme appui.
- Les techniques de mouvements oculaires (IMO) : accompagner le traitement des perceptions et émotions qui restent « coincées ».
- Le Qi Gong : mouvement lent, respiration et ancrage pour rétablir l’harmonie entre le corps et l’esprit.
Il ne s’agit pas de revivre le passé, mais de retrouver une relation sûre à votre corps. C’est le sens de ma conviction : la conscience au service du corps.
Pour aller plus loin
Écouter ou voir l’échange complet :
https://www.youtube.com/watch?v=S9NDCOtHJj8&list=PLTyvvXChNK5yzZW8TUmqM-HeQIKFg2R4-&index=20
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Mes accompagnements ne se substituent pas à un suivi médical ou psychothérapeutique, avec lequel ils peuvent se combiner.

